Bonjour Nolwen, peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours de comédienne ?

Bonjour, je m’appelle Nolwenn Le Doth. Je suis une jeune comĂ©dienne professionnelle depuis 3 ans. J’ai commencĂ© le thĂ©Ăątre en 2Ăšme annĂ©e de fac Ă  l’universitĂ© d’Avignon pendant que je suivais un cursus de Lettres Modernes. J’ai pu intĂ©grer la troupe de l’UniversitĂ© qui Ă©tait le Laboratoire d’Etudes et de Recherches ThĂ©Ăątrales d’Avignon dirigĂ© par Bernadette REY-FLAUD et encadrĂ© par le comĂ©dien professionnel Xavier DOIZY. J’ai donc fait partie de cette troupe durant 5 annĂ©es. Ca m’a permis de participer au Festival d’Avignon et de jouer dans certains villages et villes de la rĂ©gion. Ce laboratoire Ă©tait trĂšs axĂ© sur les mĂ©canismes de la farce, et aussi autour de la comĂ©die. Il avait pour vocation de dĂ©fendre un thĂ©Ăątre populaire et de trĂ©teaux. Inventer et faire du thĂ©Ăątre lĂ  oĂč il n’y en a pas et de le mettre Ă  la portĂ©e de tous. En fait, le but c’était de dĂ©truire l’idĂ©e Ă©litiste du thĂ©Ăątre. J’ai terminĂ© logimquement mon cursus universitaire par un Master ThĂ©Ăątre Vivant.
Ensuite, j’ai eu envie de m’ « Ă©largir », je suis entrĂ©e au conservatoire d’Avignon dirigĂ© par Jean-Yves PICQ pendant 2 ans. Et depuis ma sortie du conservatoire, j’ai continuĂ© Ă  me former grĂące Ă  diffĂ©rents stages.
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Au conservatoire d’Avignon, j’ai rencontrĂ© ZoĂ© AGEZ-LHOR, Anna PABST, Julien PERRIER avec qui on a montĂ© notre propre collectif : Le Collectif Le Bleu d’Armand. C’est un collectif d’acteurs. On travaille sans metteur en scĂšne et les dĂ©cisions artistiques sont prises Ă  l’unanimitĂ©. Nous invitons aussi des artistes associĂ©s : comĂ©diens, plasticiens, monteurs, musiciens, rĂ©gisseurs etc… sur diffĂ©rents projets. On a fait notre 1Ăšre crĂ©ation collective, adaptĂ©e de La Vie et Les Oeuvres de LĂ©opold II d’Hugo CLAUS intitulĂ© : C’est dans l’ombre que le crocodile grossit le mieux. C’est une grosse « machine Ă  jouer ». On est 5 comĂ©diens au plateau pour 17 personnages Ă  dĂ©fendre. Un comĂ©dien tient le rĂŽle de LĂ©opol II sur toute la piĂšce et nous sommes 4 Ă  jouer tous les autres rĂŽles. Ca nous permet de servir un propos grave, comme ici la colonisation du Congo, par le biais d’une mise en scĂšne dynamique et ludique
 le rire naĂźt du grave !!!

On est assez contents des retours qu’on a pu nous faire jusqu’Ă  maintenant. On a quelques dates de programmĂ©es et on espĂšre en avoir davantage. A cĂŽtĂ©, on a commencĂ© Ă  travailler sur notre nouvelle crĂ©ation qui traitera des thĂšmes de la misĂšre, la question du bonheur, les rapports de pouvoir et la parole comme lien social Ă  partir du texte Un riche, trois pauvres de Louis CALAFERTE.

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Le collectif permet aussi une certaine libertĂ© individuelle. Je travaille donc aussi avec le TAC thĂ©Ăątre sur une adaptation d’Electre de Sophocle mis en scĂšne par Cyril COTINAUT. Un travail des plus intĂ©ressant pour tenter de » dĂ©sacraliser » la tragĂ©die antique pour montrer qu’elle reste accessible Ă  tous.

Qu’est-ce que tu aimes dans ton travail ?

Quand j’étais dans la troupe Ă  l’UniversitĂ©, un jour oĂč je jouais La Colonie de Marivaux, j’ai senti que c’était comme si je parlais pour la 1Ăšre fois de ma vie! Comme si c’Ă©tait possible de faire entendre mes paroles Ă  chacune des personnes qui Ă©taient prĂ©sentes. J’ai choisi ce mĂ©tier-lĂ  parce que c’est ma maniĂšre Ă  moi de rĂ©sister, de partager et de continuer Ă  croire, Ă  espĂ©rer, de me remettre en question et de me positionner par rapport au monde dans lequel je vis. Comme tout un chacun, j’ai des choses Ă  dire et j’ai choisi ce mĂ©tier pour les dire et les partager.
Ce n’est pas facile tous les jours! Mais quand je me lĂšve le matin je me dis: « je vais jouer ! ». C’est ça que j’aime. C’est un mĂ©tier exigeant et qui demande de la rigueur
 Mais ça reste avant tout ludique et joyeux.

Parviens-tu Ă  en vivre pleinement ?

Non!!! Il y a des périodes de travail intenses avec le Collectif mais pour le moment on peut dire que ça reste assez » bénévole » car on fait nos premiers pas dans la profession. On a besoin de faire connaßtre notre travail.
Avec le TAC on est payés sur chaque représentation.
Il faut savoir que dans ce mĂ©tier les rĂ©pĂ©titions sont rarement payĂ©es et on fait bien sĂ»r plus de rĂ©pĂ©titions que de reprĂ©sentations. Donc Ă  cĂŽtĂ©, je fais aussi un peu d’acceuil et de billetterie dans les des structures culturelles. Et puis, je participe Ă  des auditions pour d’autres projets de thĂ©Ăątre ou pour de la figuration dans des opĂ©ras, et aussi Ă  des castings pour des comĂ©dies musicales… Pour essayer de m’intĂ©grer Ă  d’autres compagnies plus « vielles » qui peuvent proposer un travail intĂ©ressant avec plus de moyens!
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Comment démarches-tu les castings ?

Je choisis mes auditions et mes castings. C’est important! Essayer de choisir parmi de nombreuses annonces souvent pour des projets peu attirants artistiquement. En gĂ©nĂ©ral, il faut une lettre de motivation, un CV, prĂ©parer un texte, un chant ou autre…et un book photo !

Donc la photo fait partie de tes outils de travail, quel genre de photo proposes-tu pour tes auditions et castings ?

Il faut qu’elles soient le plus simple possible mĂȘme si esthĂ©tiquement elles peuvent ĂȘtre travaillĂ©es et recherchĂ©es. Je parle de simplicitĂ© plus au niveau de comment la sĂ©ance doit se passer: il faut s’amuser et ĂȘtre dĂ©tendu… Quand je fais une sĂ©ance photo, j’essaie d’accepter de me laisser voir par le photographe et le photographe doit ĂȘtre capable de capturer des choses que je laisse transparaĂźtre sans m’en rendre compte. La photo doit ĂȘtre trĂšs intuitive et surtout elle doit parler.

Souvent les personnes qui viennent faire une sĂ©ance photo n’ont jamais posĂ© et ne savent pas toujours comment s’y prendre. Aurais-tu un conseil Ă  leur donner ?

Il faut s’amuser et prendre du plaisir. A partir du moment oĂč tu dĂ©cides de te faire prendre en photo, il faut jouer le jeu ! Et inventer! Se lĂącher un peu! Ca fait du bien, ça redonne le sourire quand une sĂ©ance se passe bien et que l’on s’est amusĂ©! Et je trouve que ça se voit sur les photos.

Enfin, tu joues au théùtre des Carmes à Avignon ces 21 et 23 mars, peux-tu nous donner un lien pour faire découvrir ton spectacle ?

http://lebleudarmand.blogspot.fr/